Les croyances qui nous limitent ! les repérer et s’en libérer

De quoi s’agit-il ?

Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire : 

« Je suis incapable de… ; Ce n’est pas pour moi… ; Je n’y arriverai jamais… ; J’ai toujours fait comme ça …  ; Avec moi, c’est toujours la même chose…  ;  Je me sens nul… ; C’est impossible  de… ; Personne ne m’aime… ; Je suis moche… ; Je ne me sens jamais à ma place…  ; Je n’ai jamais de chance… ; je suis trop vieux/trop jeune pour …  »

Ces petites phrases deviennent petit à petit des croyances !

Le mot « croyance » ici n’a aucune connotation religieuse. Il s’agit plutôt d’une certitude souvent irrationnelle qui s’est tellement enracinée dans la vie d’une personne qu’elle est devenue une croyance inébranlable. C’est une pensée ou une représentation mentale qu’on considère comme étant la vérité.

Nos croyances sont autant des vecteurs de réussite (croyances aidantes) que de blocage (croyances limitantes).

C’est comme si notre cerveau fonctionnait en On/Off ou Start/Stop !

Les croyances dites « aidantes » sont des autorisations, des permissions que l’on se donne. Elles se nourrissent de nos réussites, nos expériences, nos atouts, nos ressources, notre richesse intérieure. Elles sont une aide précieuse pour avancer, nous propulser dans la vie. 

Les croyances dites « limitantes » sont à l’inverse des freins, des blocages, des interdictions que l’on s’impose. Elles plombent notre avancement, nous tirent vers le bas, ou nous emmènent quelques fois à l’opposé de nos désirs, de nos envies.

Pourquoi se libérer des croyances limitantes ?

Nous avons tous notre propre « système de croyances », comme nous avons notre propre système de valeurs. Notre système de croyances, ce que l’on croit ou pas, est déterminant dans ce que nous voulons être, nous voulons avoir ou nous voulons faire.  

C’est dire l’importance d’être au clair avec nos croyances, comme nous devons l’être avec nos valeurs. 

Certaines croyances sont relativement anodines et ne présentent pas vraiment d’enjeux. D’autres, plus profondes, constituent potentiellement des freins dans notre vie. Ce qui est gênant est que ces croyances sont des limites implicites dont on n’a pas toujours conscience.

Les croyances limitantes agissent en effet, la plupart du temps, de façon inconsciente, comme un blocage mental vers l’atteinte d’un objectif, et même parfois vers la réalisation de soi. Elles conditionnent nos pensées, nos états internes, nos comportements, nos actions, nos expériences qui viennent encore renforcer nos croyances, comme dans un cercle vicieux.

Les croyances limitantes nous enferment !

C’est pourquoi il est important d’en prendre conscience, de libérer et transformer celles qui peuvent potentiellement nous entraver dans notre vie.

D’où viennent nos croyances ?

Comment nos croyances prennent racine !

Il n’y a pas de réponse unique. Les croyances peuvent être multi-causes et peuvent prendre racine à n’importe quel moment de la vie. Celles qui ont un sens à un moment de la vie peuvent devenir obsolètes.

Presque tous les enfants ont cru un jour au père Noël puis ont compris que ce n’était pas la vérité… 

Les croyances touchent n’importe quel aspect de la vie d’une personne : son apparence physique, ses aptitudes intellectuelles, émotionnelles, relationnelles, ses comportements. Elles peuvent même parfois être d’ordre identitaire, voire existentiel.

Les croyances limitantes sont très souvent transmises par héritage familial ou socio-culturel et sont reçues comme des vérités« L’argent, c’est sale »  ou  « on ne peut pas réussir dans la vie si on n’a pas fait des études… »

Le processus est toujours un peu le même : un fait  déclencheur et souvent une répétition d’événements, sans rapport nécessairement les uns avec les autres, mais qu’une personne va vivre de façon à renforcer sa croyance.

Une croyance limitante peut avoir pour origine une parole malheureuse, une situation vécue comme un échec, une étiquette collée à la peau ou un rôle peu valorisant dans lequel une personne se sent enfermée.

Cela peut être encore un contexte où une personne éprouve de la difficulté à trouver sa place, à se positionner, voire à exister. C’est par exemple le cas d’une personne persuadée qu’elle n’est pas importante aux yeux des autres, ou qu’elle n’existe qu’à travers le regard des autres, ou qui ne se sent jamais à sa place, ou bien encore qui ne mérite pas le bonheur.

Ce n’est pas tant la nature des situations qui importe que la façon dont une personne perçoit et ressent l’expérience vécue. Chacun dispose en effet de sa propre représentation de la réalité. Autrement-dit, chacun a sa « carte du monde » qui lui est propre et subjective.  

Cela signifie que nous sommes tous uniques et que, selon nos filtres1, nous construisons notre propre réalité subjective, y compris nos croyances.

(1) : selon les modèles de la PNL, nos filtres sont personnels, neurologiques et socio-culturels.

Quoi qu’il en soit, la croyance limitante sera d’autant plus difficile à défaire que si celle-ci a pris forme il y a fort longtemps, que d’autres événements sont venus renforcer la croyance, et qu’enfin la personne n’en a pas conscience pour la remettre en cause.

Prenons l’exemple d’un enfant à qui un adulte aurait dit un jour « tu es nul, tu ne feras jamais rien dans ta vie ! ». Imaginons que cet enfant n’ait pas été rassuré sur son estime de lui et sur ses capacités par d’autres adultes. Plus tard, il revit des situations où il se sent nul, comme autant de preuves à charge de sa croyance. Alors, il se pourrait qu’à l’âge adulte il soit convaincu, même de façon tout à fait inconsciente, qu’il ne fera effectivement jamais rien dans sa vie. 

Les mots peuvent être tout autant libérateurs que destructeurs. 

« Que ta parole soit impeccable » (Miguel Ruiz)

Les biais possibles aux croyances limitantes ?

Les biais cognitifs aux croyances…

Il existe quelques « biais cognitifs » inconscients aux croyances limitantes :

Se réfugier derrière sa croyance pour ne rien changer. La croyance est tellement ancrée qu’une personne se persuade que c’est ainsi, qu’elle ne peut plus rien faire pour changer sa réalité. Il est intéressant dans ce cas de se demander s’il n’y a pas un bénéfice pour elle à se maintenir dans sa croyance. 

Je me cache derrière ma croyance !

Exemple : après un ou plusieurs déboires sentimentaux, une personne convaincue qu’elle n’a pas de chance en amour, refuse toute nouvelle relation. Le bénéfice pourrait être de chercher à se protéger pour ne plus souffrir, donc à ne plus prendre aucun risque.

Chercher ou se mettre dans des situations qui agissent comme autant de preuves qui valident sa croyance. C’est une façon de se raccrocher plus à sa croyance qu’à sa propre valeur. Cela peut vite tourner à l’auto-sabotage.

Je cherche les preuves !

Exemple : après un ou plusieurs échecs, une personne convaincue qu’elle n’est pas capable de réussir se remet en situation d’échec en ne se présentant pas à des examens.`

Se raconter une « histoire » pour se convaincre d’une réalité, celle de sa croyance.  Cela peut aller à transformer quelque peu les événements en se créant parfois de « faux souvenirs » ou en sélectionnant les souvenirs qui renforcent sa croyance. 

C’est l’histoire que je me raconte …

Exemple : une personne convaincue qu’elle est incapable d’évoluer dans son milieu professionnel se focalise alors davantage sur les échecs ou les critiques ; peut-être même qu’elle les amplifie ou s’arrange un peu avec la réalité, en occultant les réussites, les  encouragements ou les compliments qu’on a pu lui faire.

Rendre le monde extérieur responsable de ses croyances et en conséquence de ses propres limites. C’est en quelque sorte « la faute à pas de chance » ou « c’est à cause de … si je n’y arrive pas ». C’est la croyance qu’une personne n’a aucun pouvoir sur sa vie. Elle n’y est jamais pour rien puisqu’elle croit dépendre des autres ou des éléments extérieurs.

C’est pas de ma faute, c’est ma croyance !

Exemple : une personne convaincue que c’est la faute des transports si elle est toujours en retard, la faute de papa et maman si ses relations ne sont pas bonnes, la faute de son patron si elle n’a pas d’augmentation, la faute du temps (trop chaud, trop froid) si elle ne peut pas promener son chien…

Comment se libérer des croyances limitantes ?

1/ Repérer et prendre conscience des croyances limitantes

Repérer ce qui écrase !

Ce n’est pas toujours simple de repérer les croyances limitantes surtout quand elles sont bien ancrées. 

Il existe néanmoins une astuce qui se réfère à certains mécanismes de langage que nous utilisons tous et qui nous coupent d’une bonne partie de la réalité. Ces mécanismes sont révélateurs de ce que nous pensons, au moins en surface, et bien souvent de ce que nous croyons. Il est alors assez facile de repérer les croyances. Après quoi, le questionnement ou l’auto-questionnement permet d’en prendre conscience et de commencer à désamorcer ou transformer les croyances limitantes.

En bref, ces mécanismes linguistiques, très bien expliqués par la PNL, sont :

Une expérience vécue est généralisée à d’autres situations (généralisation)

Exemples : « Personne ne me fait confiance » (personne ? vraiment ?) ; « je n’ai jamais eu de chance » (vraiment jamais ?) ; « tout le monde s’en fout » (c’est qui tout le monde ?) ;  « je fais toujours tout » (toujours tout ? c’est à dire ?) ; « l’argent pourrit les relations » (qui dit ça ? c’est à dire ? comment ?)…

Une partie de la réalité est occultée (omission ou sélection) 

Exemples : « on me déteste » (qui vous déteste ? pour quelle raison ?) ; « j’ai peur » (de quoi, de qui avez-vous peur ?) ; « je me sens incapable » (de quoi vous sentez-vous incapable ? dans quel contexte ?)…

La réalité est déformée (distorsion) 

Exemples : « j’ai raté mon épreuve, je suis nul » (peut-on rater un examen sans se sentir nul ?) ; « je devine…je sais…j’imagine ce qu’il pense »  ou « il fait ça parce qu’il pense que… » (comment savez-vous cela ? sur quoi repose votre jugement ?)…

Toutes ces petites phrases où on généralise, on occulte ou on transforme les informations d’une situation, réduisent de fait la réalité. Elles traduisent nos lectures de pensées et quelques fois nos croyances. C’est intéressant alors de s’écouter ou d’écouter les autres pour repérer les croyances limitantes ; puis de se questionner pour rétablir une réalité plus juste. 

2/ Transformer la croyance pour qu’elle devienne positive

Comment transformer ses croyances ?

Une fois repérées, il existe des techniques pour transformer les croyances limitantes, empreintes au coaching, à la PNL et autres méthodes thérapeutiques.

Un questionnement approprié permet assez souvent de désamorcer, voire d’éliminer la croyance, en la reformulant, en prenant le contre-pied, en chercher des contre-exemples, en précisant la pensée (qui, quand, comment, quoi, dans quel contexte, de quelle manière…?).

On peut aussi se poser les questions suivantes : 

  • Est-ce que je suis certain(e) à 100% du fondement de cette croyance ?
  • N’y a-t-il pas une fois au moins où ma croyance n’est pas vraie ?
  • Quelle est l’histoire que je me raconte avec cette croyance ?
  • Quel est le coût « bénéfices et pertes » à me maintenir dans cette croyance ?
  • Qu’est-ce que je décide à la place, en conscience ? La garder ou m’en libérer ?
  • Si je faisais « comme si…», par quelle autre croyance plus aidante je la remplacerais ?
  • Avec cette nouvelle croyance, que vais-je faire à partir de maintenant ?

Il est important de reformuler la nouvelle croyance de façon POSITIVE et AFFIRMATIVE, comme un mantra qu’on se répète, pour qu’elle s’ancre mentalement. C’est une façon de reprogrammer son cerveau. 

Il ne reste plus qu’à se mettre en action pour imprimer davantage la nouvelle croyance. Le temps et la répétition est un des leviers du changement d’un point de vue neurologique.

3/ Faire émerger ses propres ressources 

Puiser dans ses ressources !

Prendre conscience de ses propres ressources (capacités, qualités, atouts, talents, apprentissages,…) est un formidable contre-pied aux croyances limitantes.

Là-encore, il existe plusieurs techniques pour faire émerger ses propres ressources.

L’une d’elles, dite « stratégie de réussite », consiste à se remémorer un événement particulier de sa vie, une réussite, une réalisation, une fierté. Cela peut-être un voyage, un projet mené à bien, un objectif atteint, un rêve réalisé, un examen, un concours, une performance, un dépassement de soi…

L’idée ensuite, est d’explorer toutes les ressources et stratégies dont a eu besoin pour cet événement, y compris pour dépasser d’éventuels obstacles. C’est redoutable pour faire tomber les croyances limitantes et surtout prendre conscience de toutes ses possibilités.

Si besoin, faites-vous accompagner par un professionnel.

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